Point 2 vue & confidences

Fauteuil "Confident"

Le confident

Le thème qui propose au soleil un rendez-vous avec la lune, a inspiré immédiatement le  » confident  » double fauteuil en vis-à-vis symétrique où chacun se surveille, mais se protège aussi, l’angle de vision formant un champ de vision total.
Siège-objet hermaphrodite commençant là où l’autre s’achève, image d’un cycle infini.
Un cadre vide, recouvert de feuilles d’argent et d’or, sculpté dans l’oscillation du confident, est placé sur la tranche entre les deux sièges, suscitant un  » point 2 vue  » sur l’autre côté.
L’or incarne le soleil, l’argent la lune.
Le cadre est mitoyen et mobile sur son pivot comme symbole de l’aurore et du crépuscule. Il incarne ce moment précis, la frange imperceptible où le soleil et la lune ne font qu’1.Le confident est porté par 4 pieds également en forme de cadres, 2 en or, 2 en argent, induisant les secrets/secrets, ceux qui ne peuvent absolument jamais être dits, ceux qui restent dans l’ombre sous l’assise, jamais éclairés, ni par le soleil ni même par la lune. Lieu interdit au regard, comme Orphée qui ne peut regarder Eurydice. Si l’un des acteurs s’aventurait dans ce territoire, il serait obligé pour cela de baisser sa garde de surface, au risque qu’un  » intrigant  » ne survienne.
Le cadre devient une icône de l’autre et le miroir de nous-mêmes.
2 petites  » trappes à secrets  » sont aménagées de part et d’autre du cadre. Elles permettent la communication de petits-mots ou de petits objets, d’un acteur à l’autre. Lieu de passage érotique pouvant aller jusqu’au contact.

La tapisserie qui recouvre le confident est délibérément neutre et de couleur blanche crème. Elle contient le principal secret, celui de l’heure du rendez-vous !

A quelle heure aura-t-il lieu?

· Le soleil y répondra en faisant apparaître sur l’une des faces, une organisation numérique de couleur bleue, enlevant pour quelques instants ses secrets à la lune. (procédé original appelé Sun-paint, réagissant de façon réversible aux rayons UV. © MARC-ANDRÉ 2 FIGUERES).
· La lune et l’obscurité dévoileront sur l’autre face, l’équation phosphorescente, manifestation évanescente des fantasmes nocturnes.

Seules 2 émanations numériques n’appartenant pas à leur propre territoire auront pu s’échapper, passant successivement de l’état diurne à nocturne, mettant en abyme l’aurore et le crépuscule dans un jeu d’érotisme hermaphrodite.
Des petits clous métalliques, semi-sphériques or et argent, induiront la révolution « soleil / lune » délinéant ainsi la sinusoïde du confident.

La relation soleil/lune est traitée sous différents aspects. L’objectif est, pour MA2F, de représenter l’objet-confident non pas sous sa forme picturale mais dans sa réalité, laquelle dépend étroitement du point de vue de l’observateur.
Le cadre n’est pas implanté au hasard mais selon une articulation bien précise qui détermine un parcours érotique.
Un érotisme qui porte non seulement sur l’objet mais aussi sur la démarche.
C’est l’œil, le regard, l’interactivité qui induisent la sensation érotique.

Si l’Art est un mensonge qui dit la vérité, alors l’intrigue et la confidence ne sont-elles pas de l’Art ?

Généralement, l’artiste réalise une œuvre et, ensuite, selon sa nature, choisit un encadrement qui va la délimiter et focaliser le regard sur ce qu’elle désire mettre en évidence. Or, ici, c’est le cadre qui détermine l’œuvre d’art. La démarche artistique devient le geste de placer à un endroit précis un cadre vide et de donner à voir à cet espace-là, une vision particulière d’une réalité à priori immédiatement appréciable mais tellement fondue dans un décor, qu’elle en devient presque invisible.

Il s’agit, pour MA2F, d’inciter celui qui prendra place, à prendre conscience de la présence du cadre, puis à s’interroger sur son utilité et ensuite, à regarder au travers et tenter de comprendre à chaque fois le but recherché. Il devient ainsi peu à peu spectateur de plus en plus impliqué dans ce qu’il voit et à partir d’un vis-à-vis familier va engager une réflexion sur ce qui l’entoure, être l’acteur de ses propres fantasmes.
N’est-ce pas le propre d’une œuvre d’art !

Cette démarche est suggérée au niveau même du confident-cadre, d’abord, par les quatre cadres qui le portent au sol, de la matérialité, s’élèvent peu à peu vers une intellectualité. Voir les dessous de la réalité les lieux secrets du fantasme, placés aux points cardinaux, identifiant l’ensemble des intriguants.

Le cadre est recouvert sur une face et un côté de feuille d’or et de feuille d’argent, pour symboliser le soleil et la lune, inséparable révolution, ascension réalisée, la connaissance acquise induisant l’ombre et la lumière.
Ainsi, le cadre tend à fixer l’esprit sur le confident qui lui-même le reporte sur notre propre image.
C’est une fenêtre ouverte entre la soleil et la lune, mais ouvrant dans les deux sens. Elle est à la limite du monde sensuel et du monde spirituel : elle est le reflet du second dans le premier et le moyen d’accès du premier au second.

Le cadre joue sur les expressions multiples, éphémères et variables à l’inverse du portrait qui condense la richesse d’un sujet dans l’intemporalité et l’invariabilité.

A travers le cadre, le regard du créateur et le regard de la créature constituent l’enjeu même de la création. Ils s’appellent l’un l’autre et n’existent pour l’un et l’autre que par l’un et l’autre. Sans ces regards et sans le jeu érotique, la création perd toute sa raison d’être.

Jouer de son regard, ce n’est pas jouer de ce monde des apparences, c’est le dévoiler pour y découvrir la vérité.

L’œuvre  » point 2 vue & confidences  » a été présentée dans un environnement pictural montrant quatre autres pièces uniques sur le thème du fauteuil ainsi qu’une série de peintures-fauteuils par Marc-André 2 FIGUERES.

Réalisation en collaboration avec Pascal Maingourd