Une couleur peut-elle réellement disparaître ? Et si elle disparaît, d’où disparaît-elle ?
Nous croyons spontanément que la couleur appartient aux choses. Au mur, au ciel, au corps, au tableau. Mais peut-être appartient-elle davantage à l’espace qui se crée entre ce qui est regardé et celui qui regarde. Alors, voler la couleur ne serait plus soustraire un pigment : ce serait modifier une relation.
Dans La Couleur volée, la disparition atteint justement la présence. Les points s’effacent, se déplacent, sont remplacés ; et avec eux se transforme la mémoire de ce qui était là.
Mais dans quel espace cette transformation a-t-elle lieu ?
Dans l’espace physique ? Dans l’espace social ? Dans celui de la mémoire ? Ou dans cet espace plus insaisissable où l’observateur participe lui-même à la réalité qu’il croit simplement contempler ?
Le 2isme ne cherche peut-être pas à choisir entre ces espaces. Il apparaît précisément dans l’intervalle : entre visible et invisible, présence et absence, matière et conscience.
La couleur volée devient alors une question adressée au regard.
Car si le monde change lorsque notre perception change, peut-être l’espace le plus mystérieux n’est-il pas celui qui nous entoure, mais celui depuis lequel nous regardons.




















