La lumière nous permet de voir, mais peut-être nous empêche-t-elle parfois de regarder. Nous voyons l’éclat et oublions ce qu’il relie. Car la lumière n’existe jamais seule : elle voyage entre un point qui l’émet et un autre qui la reçoit.
L’Étoile polaire devient alors, dans la pensée 2iste, bien davantage qu’un repère dans le ciel. Elle est un point de relation, presque immobile dans un univers en mouvement. Depuis des siècles, l’homme l’observe pour trouver sa direction. Mais que se passe-t-il lorsque nous cessons de lui demander où aller et commençons simplement à observer ce lien ?
La lumière qui nous parvient a traversé l’espace. Elle abolit, pour un instant, la séparation entre l’ici et l’ailleurs. Deux points que tout semblait éloigner entrent en contact.
Le 2isme pourrait habiter précisément cet intervalle : ni seulement sur Terre, ni seulement dans l’étoile, mais dans la relation entre les deux.
Alors le contact cosmique n’exige plus d’imaginer une rencontre extraordinaire. Il est déjà là, silencieux, dans cette lumière reçue.
L’Étoile polaire devient un point de l’univers ; notre regard en devient un autre.
Et peut-être que le véritable voyage commence lorsque ces deux points se reconnaissent.




















