Qui est Marcal lorsque disparaissent les frontières qui permettent habituellement de définir un homme ?
Un nom, une mémoire, une place parmi les autres ? Ou seulement un point provisoire dans l’immensité ?
Dans La Couleur volée, l’individu existe par sa présence, mais aussi par les relations qui l’unissent aux autres points. Déplacer l’un d’eux, en effacer la couleur, modifier sa visibilité, et c’est l’ensemble qui se transforme. Marcal peut alors être regardé autrement : non plus seulement comme un personnage traversant une histoire, mais comme un point qui observe le champ auquel il appartient.
Et cette observation change tout.
Car l’univers que nous regardons est aussi celui depuis lequel nous regardons. Marcal cherche peut-être sa place alors qu’il est déjà cette place : infime à l’échelle cosmique, essentielle dans le réseau de relations dont il participe.
Le 2isme ouvre ici une question sans réponse définitive. Marcal est-il celui qui regarde ou celui qui est regardé ? Le point ou l’espace autour du point ? L’individu ou la conscience de l’ensemble ?
Peut-être est-il simultanément les deux.
Alors demander « Qui est Marcal dans l’univers ? », c’est finalement demander qui nous sommes lorsque nous cessons de nous croire au centre.
Un point parmi les points.
Mais un point capable de prendre conscience de l’univers qui le contient.




















