Un pont ne possède véritablement aucune des deux rives. Il existe parce qu’il les relie.
Ainsi pourrait-on regarder Solart2 face à l’Étoile polaire. D’un côté, l’œuvre humaine : matière, geste, intention, présence terrestre. De l’autre, un point lumineux venu de l’immensité, presque immobile tandis que le ciel semble tourner autour de lui. Entre les deux, il y a l’espace. Mais cet espace est-il réellement vide ?
Le 2isme nous invite à ne plus voir la séparation comme une rupture. Lorsque deux points entrent en relation, l’intervalle devient vivant. La lumière traverse cet intervalle ; le regard également. Et l’art peut alors devenir le pont entre ce qui est ici et ce qui semble infiniment ailleurs.
Solart2 ne chercherait donc pas à représenter l’univers. Il ouvrirait un passage vers lui.
L’Étoile polaire devient un point cosmique ; l’œuvre, un point terrestre. L’une émet ou transmet une lumière, l’autre lui répond par la création. Entre elles apparaît un troisième espace : celui de la conscience qui observe.
Peut-être est-ce là le véritable pouvoir de l’art : non pas expliquer l’inconnu, mais mettre en relation ce que notre pensée avait séparé.
Et lorsque le pont existe, où finit l’œuvre et où commence l’univers ?




















